| La construction d'un quadrimoteur surclassant le Douglas
DC-4, qui venait d'obtenir son certificat de navigabilité, fut décidée en juin 1939 par
Lockheed en accord avec l'une des plus importantes compagnies de transport américaines,
la T.W.A. (Transcontinental and Western Air). Le programme visait à la fois une vitesse
très supérieure, obtenue par la pressurisation qui permettait le vol à haute altitude
et un moteur plus puissant, et un rayon d'action plus grand. On choisit donc pour le
" Constellation " un tonnage plus élevé et les plus puissants des moteurs de
l'époque, des Wright " Cyclone 18 " de 2 200 ch. La vitesse de croisière
passait à plus de 450 km/h et le rayon d'action obtenu permettait la traversée aisée de
l'Atlantique, avec un bon rendement commercial. L'appareil se signalait par ses formes
originales, nez du fuselage abaissé et arrière relevé, qui visent à réduire la
hauteur du train tricycle et celle de la triple dérive sans pénalité aérienne d'ordre
aérodynamique.
A l'entrée en guerre des
Etats-Unis, l'aviation américaine retint le " Constellation " comme transport
de troupes rapide sous la désignation C-69. Le prototype vola pour la première fois en
janvier 1943. Une commande de série de soixante appareils fut passée, dont quinze
seulement étaient livrés à l'armistice.
Reconverti à l'usage commercial, le " Constellation " fut
construit à 73 exemplaires, dont 24 furent livrés aux compagnies nationales
étrangères, Air-France, BOAC britannique, KLM hollandaise.
La concurrence du Douglas
DC-6, de puissance presque égale et de tonnage légèrement plus élevé, incita Lockheed
à développer un modèle de vitesse et de charge utile supérieures, les L-649 et 749, le
deuxième étant la version à grand rayon d'action du premier. Ils reçurent des moteurs
Wright de 2500 ch, relevant la vitesse de croisière à 525 km/h, des réservoirs
supplémentaires dans les tronçons d'aile extérieurs, un renforcement du fuselage, de la
voilure et du train d'atterrissage. Plus de cent vingt appareils de ces types furent
livrés à une quinzaine de compagnies. |
Pour
tirer le rendement maximum des moteurs plus puissants que sortaient les constructeurs,
Lockheed dut, comme Douglas, allonger le fuselage. Avec les formes choisies à l'origine,
nez abaissé et queue relevée, la transformation d'un fuselage de " Constellation
" était certainement plus complexe qu'avec le fuselage cylindrique sur grande
longueur des Douglas.
On y parvint néanmoins en
ajoutant au fuselage du " Constellation " deux tranches de diamètres
différents, l'une sur l'avant du longeron d'aile avant, l'autre sur l'arrière du
longeron arrière.
Le nouvel appareil, devenu L-1049 ou "
Super-Constellation ", peut recevoir non seulement le moteur Wright " Cyclone 18
" de 2 700 ch, mais encore le " Turbo-Cyclone " compound de 3250 ch. Avec
ce dernier moteur, la vitesse de croisière dépasse 540 km/h. L'appareil emporte 47 à
106 passagers. Il peut assurer la traversée de l'Atlantique sans escale. Le poids de 60
300 kg, un peu supérieur à celui du DC-7 explique la différence de vitesse avec le
même type de moteur.
extrait de SCIENCE ET VIE - HORS SERIE
AVIATION 1953
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LES MOTEURS WRIGHT "TURBOCOMPOUND"
Le moteur Wright R-3350 Turbocompound
(3 250ch au décollage) était une évolution du Wright "Cyclone" 18 cylindres
qui équipait les Boeing B-29. Il fut d'abord mis au point sur le Lockheed P2V
"Neptune" mis en service en 1951. Sur ce moteur, trois turbines d'échappement
(une par groupe de 6 cylindres) ajoutent leur puissance à celle du moteur. La
consommation était réduite de 20% et la puissance augmentée d'autant. Lockheed monta ce
moteur sur le Super Constellation 1049-B alors que son concurrent, Douglas, en équipait
de DC-7. |